Le discours et les 15 « punchlines » qui ont coutés 35 milliards à Jack Ma

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Après 2 mois sans aucune apparition publique, Jack Ma « a donné » de ses nouvelles via la vidéo d’une télévision locale.

On a « également appris » que pendant cette période, il aurait surtout joué au golf sur l’Ile de Hainan.

Cette descente aux enfers, dont le paroxysme business a été le report Sine Die de ce qui devait être la plus grosse introduction en bourse de tous les temps, est souvent attribué à un discours prononcé le 24 Octobre 2020 au Bund Summit de Shanghaï

Evidemment, l’histoire est plus compliquée et je vous recommande vraiment l’épisode sur l’histoire de Jack Ma (qui d’ailleurs vous explique le contexte particulier de ce discours)

Malgré tout, le discours en lui même, tant dans la forme que dans le fonds, est incroyablement dense et inspirant.

Et pourtant, il n’existe pas de version française. Et même pas de version « officielle » en anglais (sauf erreur de ma part) puisque Jack Ma l’a prononcé en Mandarin (avec un fort accent de Hangzhou parait-il…).

Vous avez donc peut être lu des citations, mais hors contexte et incomplet.

Vous trouverez donc ci-dessous ma traduction française complète. Cette dernière a été réalisée sur la base de celle réalisée en anglais (depuis le Mandarin) par Kevin Xu. Elle est complétement reproduite à la suite de la version française. Par ailleurs, j’ai confronté sa version à celle disponible sur le Hong Kong Apple Daily que je n’ai pas choisi comme version principale car il s’agit d’un journal d’opinion mais surtout que le rédacteur n’est pas connu.

J’ai mis en exergue les 10 punchlines de ce discours

Je n’ai pas du tout la prétention d’être un traducteur professionnel mais je pense ne pas avoir dénaturé le propos. Si vous la reproduisez, merci de me citer et de mettre un lien vers ce site.

Si vous aimez le principe de voir des discours de leaders asiatiques, dites le moi dans les commentaires, c’est peut être le début d’une tradition 😉

La version française du discours

Merci aux organisateurs de m’avoir invité à ce sommet. Je suis ravi d’avoir l’opportunité d’apprendre, de discuter et d’échanger des idées avec vous tous.

Déjà en 2013, dans cette même ville et lors du sommet sur la finance de Lujiazui (NDR un des quartiers des affaires de Shangaï), j’avais prononcé un discours sur la finance & internet présentant des points de vue qualifiés d’utopistes

Sept ans plus tard, aujourd’hui, je suis de retour à Shanghai sans titre officiel ou titre professionnel, ici au sommet financier du Bund, dans l’espoir de partager d’autres idées pour que vous puissiez y réfléchir.

En fait, j’étais assez hésitant à l’idée de prendre la parole aujourd’hui. Mais je pensais que les gens comme moi ont une responsabilité : celle de penser à l’avenir

Ce monde nous a offert de nombreuses opportunités, mais seules une ou deux options sont essentielles. Et nous sommes maintenant arrivés à un moment critique.

Je viens donc ici pour partager certaines de mes pensées et opinions, qui sont le résultat de notre propre expérience pratique au cours des 16 dernières années, ainsi que des discussions et des recherches que j’ai menées avec des universitaires, des experts et des praticiens du monde entier, pendant la période où j’ai eu l’honneur d’être le coprésident du groupe des Nations unies sur la coopération numérique et un défenseur des objectifs de développement durable des Nations unies.

Je suis pratiquement à la retraite aujourd’hui, alors j’ai pensé que je pourrais parler librement dans ce forum non officiel et partager les opinions d’une personne non spécialiste.

Heureusement, j’ai découvert que de nombreux professionnels ne parlent plus de leur spécialité.

J’ai trois points de vue à vous présenter. Ils peuvent être immatures, incorrects ou risibles. Écoutez-les, s’ils n’ont pas de sens, oubliez-les.

Le premier point de vue est que nous avons une forme d’inertie dans notre façon de penser. Par exemple,  nous avons toujours le sentiment que pour suivre le rythme des normes internationales, nous devons faire ce que les pays développés comme l’Europe et les États-Unis ont fait.

Nous voyons ce que nous n’avons pas et dont eux disposent comme des lacunes à combler. Nous considérons que le comblement de ces lacunes est l’objectif à poursuivre.

Je pense que, compte tenu de la situation de cette année, parler de « combler les lacunes » est problématique. Le simple fait qu’une chose soit disponible en Europe ou en Amérique ne la rend pas avancée et ne nécessite pas de combler cette lacune.

En fait, aujourd’hui, nous ne devrions pas nous préoccuper de savoir sur quoi nous aligner, à quelle norme de pays nous adapter, quelles lacunes à combler. Aujourd’hui, nous devons réfléchir à la manière de s’aligner sur l’avenir, de s’adapter à la norme de l’avenir, de combler les lacunes de l’avenir. 

Nous devons être clairs sur ce que sera l’avenir et sur ce que nous voulons faire concrètement. Ensuite, nous examinons comment les autres le font. Si nous répétons perpétuellement le langage des autres et que nous discutons des sujets choisis par les autres, non seulement nous serons perdus dans le présent, mais nous perdrons aussi l’avenir.

Après la seconde Guerre mondiale, le monde avait besoin de rétablir la prospérité économique. L’établissement du système de Bretton Woods a été un énorme catalyseur de l’économie mondiale. 

Après la crise financière asiatique, l’accent a été mis de plus en plus sur le contrôle des risques, l’objectif même des accords de Bâle. Ces accords sont devenus la référence en matière de contrôle des risques. Aujourd’hui, partout dans le monde, on observe une tendance à mettre davantage l’accent sur le contrôle des risques, mais pas sur le développement. Très peu de gens parlent des opportunités pour la jeune génération ou des possibilités qui existent dans les pays en développement.

C’est en fait la cause profonde de nombreux problèmes dans le monde aujourd’hui. Nous constatons également aujourd’hui que les accords de Bâle ont fortement limité la capacité de l’Europe à innover dans son ensemble, par exemple, dans le domaine de la finance numérique.

Bâle, qui ressemble davantage à un club de vieux, vise à résoudre le problème du vieillissement d’un système financier qui fonctionne depuis des décennies, et ces systèmes européens vieillissants sont extrêmement complexes. 

Mais la Chine est confrontée au problème inverse. Il ne s’agit pas d’un problème de risque financier systémique, car le secteur financier chinois n’a pratiquement pas de système.

En réalité, la Chine est confrontée au risque de « l’absence d’un système financier ».

Le secteur financier chinois, comme celui d’autres pays au développement récent, est une industrie jeune qui ne dispose pas d’un écosystème mature qui fonctionne parfaitement.

La Chine compte de nombreuses grandes banques. Elles ressemblent davantage à de grandes rivières ou artères du système circulatoire de notre corps, mais aujourd’hui, nous avons besoin de plus de lacs, d’étangs, de ruisseaux et d’affluents, de toutes sortes de marécages. Sans ces parties de l’écosystème, nous mourrons quand nous serons inondés et nous mourrons quand nous serons en sécheresse.

En d’autres termes, notre pays est confronté à un risque posé par l’absence d’un système financier solide – et nous avons besoin de construire un système financier solide – mais pas aux risques systémiques financiers

Ces deux types de risques sont comme deux maladies complètement différentes. Prenez, par exemple, la maladie d’Alzheimer et la poliomyélite. Elles se ressemblent mais sont complètement différentes. Un enfant qui a pris des médicaments pour traiter la maladie d’Alzheimer souffrira non seulement d’une maladie de personnes âgées, mais aussi de nombreuses affections étranges.

Les Accords de Bâle sont conçus pour traiter les maladies des personnes âgées dont le système est vieillissant et trop complexe, et nous devons réfléchir à ce que nous pouvons apprendre des personnes âgées. Vous devez vous rappeler que les personnes âgées et les jeunes se préoccupent de questions différentes. Les jeunes se soucient de savoir s’il y a des écoles, les personnes âgées se soucient de savoir s’il y a des hôpitaux.

Cette année, notre monde a connu des changements très magiques et rapides. Hier soir, à Shanghai, nous avons décidé du prix d’introduction en bourse de Ant Group. Le prix a été fixé pour la plus grande introduction en bourse de l’histoire de l’humanité. En outre, pour la première fois, il a été fixé dans une autre ville que New York. Personne n’aurait osé imaginer un tel scénario il y a cinq – ou même trois – ans. Mais un miracle s’est produit de cette manière.

Deuxièmement, l’innovation a un prix, et notre génération doit  faire preuve d’engagement. Le président Xi a dit un jour : « le succès ne dépend pas de moi ».

Je comprends cette déclaration comme décrivant une sorte de responsabilité. Il s’agit d’assumer la responsabilité pour l’avenir, pour demain et pour la prochaine génération. De nombreux problèmes dans le monde – y compris en Chine – ne peuvent être résolus que par l’innovation. Cependant, une véritable innovation doit être pionnière et entreprise par ceux qui s’engagent, personne ne vous montrera la voie, et quelqu’un doit assumer cette responsabilité, car l’innovation est vouée à faire des erreurs. 

Mais la question n’est pas de savoir comment ne pas faire d’erreurs, mais si nous pouvons les perfectionner et les corriger après avoir fait des erreurs et innover avec persistance. Innover sans risque, c’est étouffer l’innovation, et il n’y a pas d’innovation sans risque dans ce monde. L’innovation sans risque n’existe pas. Très souvent, une tentative de réduire le risque à zéro est le plus grand risque en soi.

Lors de la bataille de Red Cliff, je crois que l’acte de Cao Cao de relier tous les navires entre eux était le premier exemple de porte-avions, en Chine et dans le monde. Pendant un millier d’années après que la flotte ait été réduite en cendres, personne en Chine n’a osé y penser. Chaque fois que cet enfer a surgi, qui pouvait avoir le courage de penser à la construction d’un plus gros bateau ou de penser en termes de systèmes ?

Il y a sept ou huit ans, j’ai proposé l’idée de la finance basée sur Internet alors que j’étais également à Shanghai. Nous avons mis l’accent sur trois éléments essentiels du financement sur Internet. Premièrement, une abondance d’informations. Deuxièmement, une technique de contrôle des risques basée sur une abondance de données massives (big data). Troisièmement, un système de crédit basé sur une abondance de données massives (big data)

Selon ces critères, le P2P n’est absolument pas de la finance sur internet. Cependant, nous ne pouvons pas nier le rôle d’innovation d’ Internet dans la finance simplement à cause du P2P. En fait, réfléchissons à ceci : comment des milliers de sociétés de financement sur Internet ont-elles pu apparaître en quelques années en Chine ? Ne devrions-nous pas examiner les raisons de la naissance de milliers de sociétés de financement sur Internet, les sociétés dites P2P ? La surveillance est en effet très difficile de nos jours ; elle est très difficile dans n’importe quelle partie du monde.

Aujourd’hui, il est vraiment difficile de s’auto réguler ; il est difficile de réguler partout dans le monde. L’innovation vient principalement du marché, l’innovation vient de la base, l’innovation vient des jeunes. Les défis en matière de réglementation sont de plus en plus importants. 

En fait, jian [note de kevin XU : le mot anglais est « supervision », le premier caractère du mot pour « régulation » en chinois] et guan [note de Kevin XU : le mot anglais est « management », le deuxième caractère du mot pour « régulation » en chinois] sont deux choses différentes. « Supervision » signifie suivre votre développement et être attentif à votre évolution. Le « management » signifie intervenir lorsqu’il y a un problème ou lorsqu’il y a un problème prévisible.

Nous sommes très bons en « management », mais notre capacité de « supervision » fait cruellement défaut.

Une bonne innovation n’a pas peur de la réglementation, mais elle ne peut pas coexister avec des réglementations d’hier.

Nous ne pouvons pas gérer un aéroport comme nous gérons une gare, ni gérer l’avenir comme nous le faisions hier. Et nous ne pouvons pas gérer l’avenir comme nous gérions hier

« Supervision » et « management » sont des concepts différents, tout comme  « politiques » et « administration » sont différents. Ceci n’est pas permis, cela n’est pas autorisé,  les myriades de choses qui sont interdites aujourd’hui sont liées à la bureaucratie.

La politique est le renforcement des institutions pour encourager le développement.

Aujourd’hui, le monde entier, et en particulier la Chine, a besoin de plus d' »experts en politique », et non d' »experts en bureaucratie ».

La formulation de politiques est une compétence  visant à résoudre systématiquement des problèmes complexes . En fait, lorsqu’il s’agit de résoudre le problème de la complexité systémique, je pense que je peux partager avec vous la façon dont nous l’avons fait à Taobao.

Il y a dix-sept ans, nous n’avions pas de technologie, pas de données, et un jugement inexact sur ce que serait l’avenir, alors nous avons établi de nombreuses règles pour que ceci  ou cela ne soit pas permis Mais aujourd’hui, nous sommes capables de résoudre ces problèmes systémiques grâce à la technologie. 

Cependant, nos jeunes d’aujourd’hui, tout comme les régulateurs, aiment toujours produire toutes sortes de nouveaux documents politiques qui ne permettent pas ceci et ne permettent pas cela.

Plus tard, j’ai trouvé une solution appelée « plus un, moins trois » : si vous voulez ajouter une règle, vous devez soustraire les trois règles précédentes.

De cette façon, notre document devenait de plus en plus court. Si vous ne réduisez pas le nombre de règles, alors vos règles et règlements deviendront de plus en plus épais, ce qui oblige tout le monde à enfreindre une règle, à faire une erreur, et de tous nous plonger dans la confusion

Une théorie est différente d’un système. Un expert est différent d’un universitaire. En tant que pays, nous confondons souvent les universitaires et les experts. L’expertise d’un expert vient de l’action, il est très bon pour faire le travail, mais pas nécessairement bon pour résumer leur expérience

De nombreux universitaires ne font pas le travail proprement dit, mais peuvent résumer et formuler des théories à partir des travaux d’autres personnes. Ce n’est que lorsque les experts et les universitaires sont combinés, lorsque la théorie et la pratique sont combinées, que nous pouvons réellement innover et résoudre les problèmes d’aujourd’hui et de demain. Je crois que nous avons besoin de théories issues de la pratique, et non de pratiques basées sur des théories qui viennent d’un bureau.

Une grande partie du P2P est une pratique basée sur des théories de bureau. Je pense et je crois fermement qu’il est plus important de tirer correctement la grande leçon que le P2P nous a apprise, et de ne pas rejeter Internet, Plus important encore, nous ne devrions pas donner une autre chance à la pratique des théoriciens de bureau.

Je pense qu’il y a un autre phénomène. De nombreuses autorités de régulation dans le monde visent le risque zéro, leurs propres départements visent le risque zéro, pendant que l’économie dans son ensemble – ainsi que la société dans sa globalité – est devenue risquée.

La concurrence de demain sera une course à l’innovation et pas une course aux capacités réglementaires

Aujourd’hui, la réglementation de chaque pays est plus impitoyable que la suivante, tout ce qui porte sur  le développement est un mirage, mais en ne permettant pas le développement, chaque restriction est sanglante.

D’après ce que j’ai compris, ce que le président Xi a dit à propos du « renforcement des capacités de gouvernance » signifie maintenir un développement sain et durable dans le cadre d’une réglementation ordonnée, et non un développement nul dû à la réglementation.

Il n’est pas difficile de réglementer. Ce qui est difficile, c’est de mettre en place une réglementation qui atteigne l’objectif de produire un développement sain et durable.

Le troisième point : l’essence de la finance est la gestion du crédit. Nous devons changer la mentalité de prêteur sur gages de la finance actuelle et nous appuyer sur le développement d’un système basé sur le crédit.

Les banques d’aujourd’hui continuent à avoir une mentalité de prêteur sur gages. Exiger des gages et de garanties, c’est être un prêteur sur gages .

Il fut un temps où cette pratique était très avancée. Sans les innovations telles que les garanties et les gages, il n’y aurait pas d’institutions financières aujourd’hui, et le développement de l’économie chinoise au cours des 40 dernières années n’aurait pas pu se poursuivre jusqu’à aujourd’hui.

Mais la prépondérance des actifs et des garanties peut être poussée à l’extrême. Je suis le président du Club des entrepreneurs de Chine et également le président de la Chambre de commerce générale du Zhejiang. Je parle à de nombreux entrepreneurs. La mentalité de prêteur sur gages de la Chine est sévère et elle affecte également de nombreux entrepreneurs, en particulier ceux qui ont mis tous leurs actifs en garantie. La pression qu’ils supportent est très forte, et quand la pression est forte, votre action est impactée

Il y a aussi des gens qui contractent des emprunts sans scrupules et augmentent constamment leur endettement pour augmenter leurs leviers financiers.

Comme nous le savons tous, empruntez 100 000, vous avez peur de la banque ; empruntez 10 millions, vous et la banque êtes un peu paniqués ; empruntez 1 milliard, la banque a peur de vous. 

Il y a une autre habitude, les banques aiment accorder des prêts aux bonnes entreprises, aux entreprises qui n’ont pas besoin d’argent. Elles veulent désespérément prêter de l’argent à ces entreprises. Le résultat est que beaucoup de bonnes entreprises deviennent de mauvaises entreprises. Elles diversifient leurs investissements, allant même jusqu’à dépenser cet argent pour faire des choses qui ne leur conviennent pas du tout. 

 Trop d’argent peut engendrer beaucoup de problèmes.

Il est impossible que la mentalité de prêteur sur gages soutienne ce que le développement mondial exige de la finance au cours des 30 prochaines années. 

Nous devons remplacer cette mentalité de prêteur sur gages par un système basé sur le crédit, utilisant les  données massives et les capacités technologiques actuelles. 

Ce système basé sur le crédit ne repose pas sur les technologies de l’information traditionnelles, ni sur une société axée sur les relations personnelles, mais doit être construit sur les données massives, afin que le crédit soit vraiment synonyme de richesse. 

Même le mendiant doit avoir un certain crédit, sans crédit, vous ne pouvez même pas mendier de la nourriture. Je pense que chaque mendiant est (peut être) solvable.

Enfin, je pense que le monde d’aujourd’hui attend désespérément un nouveau système financier qui soit vraiment conçu pour l’avenir et dans lequel l’innovation et les réglementations sont en harmonie

Le système financier actuel est un produit de l’ère industrielle, un système financier complet conçu pour répondre aux besoins de l’industrialisation et pour satisfaire à la théorie des 20/80 (NDR en France, connue comme principe de Pareto)

Qu’est-ce que cette théorie ? Il s’agit d’investir dans les 20 % (NDR des causes d’un problème) pour résoudre 80 % du problème.

Le futur système financier doit soutenir la théorie du 80/20 pour aider 80% des petites entreprises et des jeunes afin de permettre à 20% des gens de s’en sortir. 

La pratique passée des personnes et des entreprises à la recherche d’argent doit être transformée et remplacée par la nouvelle pratique de l’argent à la recherche de personnes et d’entreprises (les bonnes entreprises)

La seule norme pour évaluer ce système est de savoir si quelque chose est universel, inclusif (NDR : il faut comprendre ici l’inclusion financière des populations rurales chinoise), écologique et durable. 

Les technologies de pointe qui soutiennent cette norme, comme les données massives, l’informatique Cloud et Blockchain, sont déjà prêtes aujourd’hui à assumer cette énorme responsabilité.

Mesdames et Messieurs, même après la Seconde Guerre mondiale, les gens de l’époque n’avaient pas une vision assez large pour concevoir un bon système financier pour l’avenir et pour les générations futures. 

Aujourd’hui, nous avons la responsabilité de penser et de construire un système financier qui appartient vraiment à l’avenir, aux jeunes, à la prochaine génération et à notre époque.

Aujourd’hui, ce n’est pas que nous ne pouvons pas le faire, mais nous ne voulons pas le faire. Aujourd’hui, notre développement technologique nous a permis d’accomplir toutes ces choses. Ce qui est regrettable, c’est que beaucoup de gens ne sont pas disposés à le faire.

Le système financier actuel doit être réformé. Si nous n’y parvenons pas, non seulement nous perdrons des opportunités, mais le monde pourrait aussi être plongé dans un chaos encore plus grand. Il est normal que l’innovation soit en avance sur la réglementation. Cependant, lorsque l’innovation est très en avance sur les réglementations et que la richesse et la profondeur de l’innovation dépassent de loin l’imagination des réglementations, la situation est anormale, et la société et le monde seront plongés dans le chaos.

Prenons les monnaies numériques par exemple, si nous appliquons une vision futuriste, elle serait au cœur même de la construction du système financier dont le monde aura besoin dans 30 ans. 

Il est vrai que la finance actuelle n’a pas besoin de monnaies numériques, mais elle en aura besoin demain, elle en aura besoin à l’avenir, des milliers de pays en développement et de jeunes en auront besoin, et nous devrions nous demander quels sont les problèmes réels que les monnaies numériques devront résoudre à l’avenir.

Dans dix ans , les monnaies numériques pourraient être fondamentalement différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui.

Nous ne devrions pas chercher ces “nouvelles” monnaies numériques dans l’Histoire, dans la réglementations ou dans les institutions de recherche. Nous devons les chercher sur les marchés, du point de vue de la demande et de l’avenir. C’est une question de grande importance. 

Nos instituts de recherche ne devraient pas être des instituts politiques. Les instituts politiques ne doivent pas non plus se contenter de compter sur leurs propres instituts de recherche.

Parce que le système de monnaie numérique est un problème technologique, mais pas seulement un problème technologique. 

Les monnaies numériques pourraient redéfinir les monnaies.

Bien que les principales fonctions des monnaies puissent subsister, les monnaies numériques vont certainement redéfinir les monnaies de la même manière que les iPhones ont redéfini les téléphones, à tel point que passer un appel n’est plus qu’une des fonctions.

L’époque où la norme sera fixée par les monnaies numériques est encore très lointaine. Le temps est venu pour les monnaies numériques de créer de la valeur et pour nous de réfléchir à la manière de créer un nouveau système financier grâce aux monnaies numériques.

Nous devons penser à l’avenir au nom du monde entier. Nous devons réfléchir à la manière dont le commerce mondial devrait se faire. Plus important encore, nous devons réfléchir à des monnaies numériques basées sur des technologies qui résistent à l’épreuve du monde. Il est nécessaire de résoudre les problèmes concernant la durabilité, le respect de l’environnement et l’inclusion financière dans le commerce mondial.

C’est pourquoi je tiens à dire que la société humaine a atteint aujourd’hui le point le plus critique. Ne sous-estimez jamais cette pandémie. Cette pandémie est une force qui impacte le progrès humain, pas moins que la Seconde Guerre mondiale.

D’un point de vue financier, à en juger par le fait que les États-Unis n’ont cessé d’injecter de l’argent dans différents pays du monde et à Wall Street, et que chaque pays a suivi le mouvement, avons-nous jamais pensé aux conséquences ? Les conséquences immenses dépassent de loin le niveau technique des questions dont nous avons discuté aujourd’hui.

Lorsqu’il s’agit des nombreuses organisations dans le monde, nous ne devrions pas simplement nous y opposer. Nous devrions plutôt réfléchir à leur valeur aujourd’hui.

Il est vrai que, des Nations unies à l’OMC en passant par l’OMS, ces organisations posent problème. J’ai traité, travaillé et coopéré avec toutes ces organisations. Toutefois, l’élimination de ces organisations ne résoudra pas le problème. Nous devons examiner comment elles peuvent faire face à l’avenir, se réformer et se repositionner.

 

Un nouveau système financier est la voie de l’avenir. Que cela nous plaise ou non, il sera mis en place. Que nous le fassions ou non, quelqu’un le fera.  À l’avenir, je crois que la réforme exigera des sacrifices, il y aura un prix à payer. 

Notre génération doit faire ce genre de réforme, mais elle ne sera peut-être visible que pour la prochaine génération. C’est peut-être nous qui devons porter ce fardeau. Il s’agit d’une opportunité et d’une responsabilité historiques. 

Au cours des 16 dernières années, le développement du groupe des fourmis a tourné autour du respect de l’environnement, de la durabilité et de l’inclusion financière. Si un financement respectueux de l’environnement, durable et inclusif était une erreur, nous répéterions cette erreur jusqu’à la fin.

La version Anglaise :

Comme expliquée au début de l’article, elle est issue de Kevin Xu : Ici

Vous pouvez compléter par la version proposée par Hong Kong Apple Daily : Ici

Thank you for inviting me to this Summit. I am delighted to have this opportunity to learn, discuss, and exchange ideas together with you. In 2013, also in Shanghai, I came to the Lujiazui Finance Summit and shared some “pie in the sky” views about Internet-powered finance. Seven years later, today I’m back in Shanghai as an unofficial non-professional person here at the Bund Finance Summit, hoping to share more ideas for you to ponder.

Actually, I was quite torn about whether to speak here today. But I think there is one thing that is incumbent upon this group of people, and that is the responsibility to think about the future, because although the world has left us many opportunities for development, there are really only one or two critical opportunities. This is a most critical moment.

So I come here to share some of my own thoughts and views, which are the result of our own practical experience in the last 16 years, plus discussions and research I have had with scholars, experts, and practitioners from all over the world, during the period when I was honored to be the co-chair of the UN High-Level Panel on Digital Cooperation and an advocate for the UN Sustainable Development Goals (SDGs).

I’m basically retired at this point, so I thought I’d speak freely at this unofficial forum and share the non-professional views of a non-professional person. Fortunately, I’ve discovered that many professionals no longer speak about their professions anymore.

I have three points of view for you to consider. They may be immature, incorrect, or laughable. Just give them a listen, if they make no sense, just forget about them.

The first point of view is we have some inertia in our thinking, like we always feel that in order to keep pace with international standards, we must do what developed countries like Europe and the United States have done. If we don’t have something they have, the so-called “blank spot”, we must fill those blank spots domestically. Filling these spots has become the goal to pursue.

I have always felt that, given this year’s situation, the phrase to “fill the blank spot” is problematic. Just because Europe and the United States have something does not mean that thing is always advanced and worth having ourselves. In fact, today, we should not be concerned about what things to align with, which country’s standard to adapt to, what blank spots to fill. Today, we have to think about how to align with the future, how to adapt to the future’s standard, how to fill the future’s blank spots. We have to figure out what the future will be, and what we really want to do, and then look at how others do it. If we always repeat the language of others, discuss topics defined by others, we will not only be lost in the present, but also miss the future.

After World War II, the world needed to restore economic prosperity. The establishment of the Bretton Woods system was an enormous catalyst to the global economy. Later, after the Asian financial crisis occurred, the Basel Accords talked about risk control, which has been gaining more and more attention, to the point that it became an operational standard for risk control. Now the trend is, the world is talking more and more just about risk control, not development. Very few people talk about where the opportunities are for young people, for developing countries.

This, in fact, is the root cause of many of the world’s problems today. We also see today that the Basel Accords have put great limitations on Europe’s ability to innovate as a whole, for example, in digital finance.

Basel, more like a seniors club, is about solving the problem of an aging financial system that has been operating for decades, and Europe’s aging system is extremely complex. But the problem in China is the opposite: it is not a problem of systemic financial risk, because China’s financial sector basically doesn’t have a system. Its risk is actually a « lack of financial system. »

China’s financial sector, like other developing countries that have just grown up, is a young industry that does not have a mature ecosystem and is not fully moving. China has many big banks. They are more like big rivers or arteries in our body’s circulatory system, but today we need more lakes, ponds, streams and tributaries, all kinds of swamps. Without these parts of the ecosystem, we will die when we are flooded, and die when we are in a drought. So, today we are a country that bears the risk of lacking a healthy financial system, and we need to build a healthy financial system, not worry about financial systemic risks.

They are like two completely different diseases, like Alzheimer’s disease and polio. Both look similar at first glance but are two totally different illnesses. If a child takes Alzheimer’s medication, he or she will not only get the old person’s disease, but a lot of other strange diseases as well.

The Basel Accords is designed to treat the diseases of the elderly with an aging system and over-complexity, and what we have to think about is what can we learn from the elderly? You must remember, older people and younger people care about different issues. Younger people care about whether there are schools, older people care about whether there are hospitals.

So, the way the world is changing this year is fascinating and very fast. Last night in Shanghai, we decided on the pricing of Ant’s IPO. This is the largest listing ever priced in the history of the entire human race, and the pricing happened in a place other than New York City. This was unthinkable five years ago, even three years ago, but miracles happen.

Second, innovation must come at a price, and our generation must take on that responsibility.

President Xi once said, « success does not have to come from me. » I understand this phrase to be about a sense of responsibility. It’s about taking responsibility for the future, for tomorrow, for the next generation. Many of the world’s problems today, including China’s, can only be solved by innovation. However, for real innovation to happen, no one will show you the way, and someone must shoulder that responsibility, because innovation is bound to make mistakes. But the question is not how not to make mistakes, but whether we can perfect and correct them after making mistakes and persistently innovate. To make risk-free innovation is to stifle innovation, and there is no risk-free innovation in this world. There is no such thing as risk-free innovation. Oftentimes, managing risk down to zero is the biggest risk.

When the battle of Red Cliff was fought, I believe Cao Cao’s act of connecting all the ships together was the first instance of an aircraft carrier, in China and the world, but after a fire burned it all down, for a thousand years, the Chinese people didn’t dare to think about it again. Once they thought about that fire, who still wanted to make a bigger ship, who could still have this kind of system-level thinking?

Seven or eight years ago, also in Shanghai, I mentioned this concept of Internet-powered finance. We have always emphasized that Internet-powered finance must have three core elements: first, it must have rich data; second, it must have risk control technology based on rich big data; and third, it must have a credit-based system built on big data.

Using these three criteria to evaluate, we can see that P2P is not Internet-powered finance at all, but today we cannot negate the innovation that the Internet has brought to finance just because of P2P. In fact, let’s think about it, how can there be thousands of Internet-powered finance companies in China within a few years? Shouldn’t we examine what gave birth to thousands of “Internet-powered finance”, the so-called P2P companies?

Today, it’s really difficult to regulate ourselves; it’s hard to conduct regulation everywhere around the globe. Innovation mainly comes from the marketplace, innovation comes from the grassroots, innovation comes from young people. Regulatory challenges are getting bigger and bigger. In fact, jian [editor’s note: English word is “supervision”, the first character in the word for “regulation” in Chinese] and guan [editor’s note: English word is “management”, the second character in the word for “regulation” in Chinese] are two different things. « Supervision » means watching you as you develop and paying attention to your development. “Management” means intervening when there is a problem or when there is a foreseeable problem.

We are very good at “management”, but our “supervision” ability is sorely lacking.

Good innovation is not afraid of regulation, but is afraid of being subjected to yesterday’s way to regulate. We cannot use the way to manage a railway station to manage an airport. We cannot use yesterday’s way to manage the future.

« Supervision » and « management » are not the same, “policies” and “documents” are also not the same. This isn’t allowed, that isn’t allowed, those are all called “documents”. Policy is institution-building to incentivize development. Today, the entire world and especially China needs more « policy experts », not “document experts.”

Policy making is a technocratic job to solve systematically complex problems. And I would like to share with you what we did at Taobao to solve systemically complex problems.

Seventeen years ago, we had no technology, no data, and an inaccurate judgment about what the future would be, so we made a lot of rules about this not being allowed and that not being allowed. But today, we are able to solve these systemic problems with technology. However, our young people today, like regulators, always like to produce all kinds of new policy documents that don’t allow this and don’t allow that. Later, I came up with a solution called « plus one, minus three »: if you want to add a rule, you must subtract the previous three rules. This way, our document got shorter and shorter. If you don’t reduce the number of rules, then your rules and regulations will get thicker and thicker, which forces everyone to break a rule, to make a mistake, and we all get confused.

Theories and systems are also different, experts and scholars are not different. We, as a country, often conflate scholars and experts. An expert’s expertise comes from doing, he is very good at doing the work, but not necessarily good at summarizing.

Many scholars, they don’t do the actual work, but can summarize and form theories from the work of others. Only when experts and scholars are combined, only when theory and practice are combined, can we really innovate and solve the problems of today and tomorrow. I believe we need theories derived from practice, not practice based on theories that came from an office.

A lot of P2P is practice based on office theories. I think and firmly believe it’s more important to properly learn the big lesson that P2P has taught us, and not deny the entire Internet technology, let alone repeat the practices of office theory.

I think there is another phenomenon. Many regulatory authorities around the world have become zero risk, their own departments have become zero risk, but the entire economy has become risky, the whole society has become risky. The competition of the future is a competition of innovation, not a competition of regulatory skills. Now, each country’s regulation is more ruthless than the next, all the development is a mirage, but by not allowing it, each cut is bloody.

Based on my understanding, what President Xi said about “enhancing governing ability” means to maintain healthy and sustainable development under orderly regulation, not no development due to regulation. It is not difficult to regulate. What’s difficult is to deliver regulation that achieves the purpose of producing sustainable and healthy development.

The third point: the essence of finance is credit management. We must change the pawnshop mentality of today’s finance and rely on the development of a credit-based system.

Today’s banks continue to have a pawnshop mentality. Collaterals and warranties are pawnshops. This was very advanced once upon a time. Without innovations like collaterals and warranties, there would be no today’s financial institutions, and the development of the Chinese economy over the past 40 years could not have continued until now.

But the reliance on assets and collateral qualifications can be taken to the extremes. I am the chairman of the China Entrepreneur Club and also the president of the Zhejiang General Chamber of Commerce. I talk to many entrepreneurs. China’s pawnshop mentality is severe, and it also affects many entrepreneurs, especially entrepreneurs who have collateralized all their assets. The pressure they bear is very high, and when the pressure is high, your action gets deformed.

There are also some people, who unscrupulously take out loans and constantly increase their leverage, taking on more and more debt. As we all know, borrow 100,000, you are afraid of the bank; borrow 10 million, both you and the bank become a bit panicked; borrow 1 billion, the bank is afraid of you. There is another habit, banks like to give loans to good companies, companies that don’t need money. They desperately want to loan these companies money. The result is lots of good businesses become bad businesses. They diversify their investments, even transferring this money out to do things that are completely unsuitable for them. Too much money can get you into a lot of trouble.

Collateralization with a pawnshop mentality is not going to support the financial needs of the world’s development over the next 30 years. We must replace this pawnshop mentality with a credit-based system rooted in big data using today’s technological capabilities. This credit-based system is not built on traditional IT, not based on a personal relationship-driven society, but must be built on big data, in order to truly make credit equal wealth. Even the beggar must have some credit, without credit, you can’t even beg for food. I think every beggar is (can be) creditworthy.

Finally, I think the world today is desperately waiting for a new financial system that is truly designed for the future.

Today’s financial system is a product of the Industrial Age, a comprehensive financial system designed to address the needs of industrialization and to fulfill the two-eight theory. What is the two-eight theory? It’s about investing in the 20% to solve 80% of the problem. And the future of the financial system is about the eight-two theory, helping 80% of small businesses and young people to drive the other 20% of people. We must transition from the old way of people looking for money, businesses looking for money, to money looking for people and money looking for good businesses. The only standard to evaluate this system is whether something is universal, inclusive, green, and sustainable. The cutting-edge technologies backing this standard, like big data, cloud computing, and blockchain are already ready today to take on this huge responsibility.

Ladies and gentlemen, even after World War II, people at that time did not have a far enough vision to design a good financial system for the future and for future generations. We have the responsibility and thinking today to build a financial system that truly belongs to the future, belongs to the young people and the next generation, belongs to this era. Today, it’s not that we cannot do it, but we don’t want to do it. Today, our technological development has empowered us to accomplish all of these things, but unfortunately, many people don’t want to do it.

The global financial system must be reformed today, otherwise it is not just a matter of lost opportunities, but of leaving the world potentially in more chaos. It is normal for innovation to be ahead of regulation, but when innovation is too far ahead of regulation, when innovation’s richness and depth is far beyond regulator’s imagination, it is no longer normal, and society and the world will be thrown into chaos.

Take digital currencies for example, if we apply a futuristic vision, it would be at the very core of building a financial system the world needs 30 years from now. It’s true that today’s finance doesn’t need digital currencies, but it will need them tomorrow, it will need them in the future, thousands of developing countries and young people will need them, and we should ask ourselves, what real problems are digital currencies going to need to solve in the future?

The digital currency of ten years from now and the digital currency of today may not be the same thing at all, and we should not look for this digital currency from the past, from a regulatory point of view, from a research institution, but from the market, from demand, from the future. There is a lot at stake in this matter. Our research institutions should not be policy institutions, nor should policy institutions rely only on their own research institutions. Because the digital currency system is a technology problem, but not only a technology problem. It’s also a solution to future problems. Digital currencies may redefine money, although the main function of money is still there, but it will definitely redefine money, just like the iPhone redefined the mobile phone, making phone calls is only one of the functions. Today’s digital currency is far from maturity to compete for standards, it’s still creating value. It’s time to think about how to build a new type of financial system through digital currency, to think about the future for the entire world, to think about how global trade will get done, and even more so to think about how the world can have a digital currency built on top of battle-tested technology. It’s really about solving the problem of sustainable, green and inclusive world trade.

So I would like to conclude by saying that today’s human society has reached a most critical juncture. Never underestimate this pandemic. This pandemic is a force that is pushing back human progress, no less than World War II.

In terms of finance itself, the United States is continuing to inject cash to the rest of the world, and especially to Wall Street, and other countries are following suit. Have we all thought about the consequences that will happen next? The impact is far greater than all the technical aspects that we discussed today.

We cannot simply oppose many of the world’s international organizations today, but must rethink their value in today’s world together, whether it’s the UN, the WTO, or the WHO. There are really a lot of problems with these organizations. I have dealt with, worked with, and collaborated with all of these organizations, but eliminating them is not the solution.

A new financial system is the way of the future. Whether we like it or not, it will be formed. Whether we do it or not, someone will do it. In the future, I believe, reform will require sacrifice, there will be a price to pay. Our generation has to do this kind of reform, but it may only be visible to the next generation. We may be the one who must carry this burden forward. This is a historical opportunity and a historical responsibility. Over the past 16 years, Ant Financials has centered around green, sustainable and inclusive development. If green, sustainable and inclusive finance is the wrong thing to do, we will continue to make this mistake, again and again.

Last modified: 20 février 2021

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